Communiqué de presse – Pour diffusion immédiate
Le PDG d’Hydro-Québec tire à côté de la cible. (télécharger le PDF)
Montréal, le 27 mai 2011 – Le PDG d’Hydro-Québec, Thierry Vandal, a profité de son allocution devant l’Association des manufacturiers et exportateurs du Québec pour fournir une malhabile réplique au documentaire Chercher le courant, soutiennent les artisans du film. Les propos de Thierry Vandal, repris à la fois dans La Presse et The Gazette, ont fait sourire Nicolas Boisclair et Alexis de Gheldere, les deux réalisateurs du film.
Le 1er février dernier, Hydro-Québec a critiqué le documentaire par des arguments jugés hors propos par les réalisateurs. En effet, la plupart des sujets abordés par Hydro-Québec dans ce communiqué ne concernent pas l’argumentaire développé dans le film. « Le PDG d’Hydro-Québec a repris sensiblement les mêmes arguments que son équipe des communications et est, encore une fois, à côté de la plaque.» note Alexis de Gheldere.
Par exemple, contrairement aux propos de Thierry Vandal rapportés dans la Gazette, le film ne prétend pas que l’électricité solaire est moins coûteuse que l’hydroélectricité, mais plutôt qu’elle le sera dans le cas de futurs projets hydroélectriques. Puisque les meilleurs sites ont déjà été développés, ces futurs projets seront de plus en plus coûteux, rendant les projets solaires de plus en plus attrayants. Les prévisions de l’Association Européenne du photovoltaïque en font foi.
« Lorsque le PDG d’Hydro-Québec affirme que le projet Romaine est moins coûteux que l’éolien, le solaire ou la biomasse, il semble commenter sans références, ni nuances. » remarque Nicolas Boisclair. Comme dans le communiqué de presse d’Hydro-Québec du 1er février, le PDG d’Hydro-Québec semble confondre la production (efficace et rentable) de chaleur à partir de biomasse avec la production d’électricité à partir de biomasse, peu efficace et coûteuse. Dans un même ordre d’idée, il y a confusion entre un projet éolien réalisé par Hydro-Québec tel que présenté dans le film (projet conçu par Réal Reid, ancien expert d’Hydro-Québec, et qui est calculé avec les taux d’emprunt très bas dont profite Hydro-Québec) et une production d’électricité éolienne réalisée par le secteur privé (taux d’emprunt plus élevé et rendement sur l’investissement obligé).
Également, soutiennent les réalisateurs, il ne faut pas mettre tous les projets solaires dans le même bateau. Il y a plusieurs technologies solaires avec chacune des coûts très différents. Ainsi, le film montre clairement l’avantage économique de construire des bâtiments solaires passifs et d’installer des chauffe-eau solaires à la place de chauffe-eau électriques traditionnels. Roy Dupuis le précise clairement dans la narration du film: « Si on utilisait le budget du projet Romaine pour remplacer tous les chauffe-eau au Québec, on pourrait libérer plus d’électricité à un moindre coût. »
Thierry Vandal aurait aussi dit, rapporte La Presse: « Il y a 4500 rivières au Québec et seulement 50 centrales hydroélectriques ». Les réalisateurs rappellent qu’il n’y a pas seulement 50 centrales hydroélectriques au Québec. Selon le rapport du BAPE du complexe la Romaine, en 2010 il y avait 162 centrales. « Également, comme il n’y a pas d’intérêt à harnacher les rivières minuscules, il y a lieu de parler de la taille des rivières.» rappelle Nicolas Boisclair. Comme le souligne le narrateur Roy Dupuis dans le film: « Quand les porte-parole d’Hydro-Québec parlent des 4600 rivières de la province pour se déculpabiliser, ils ne mentionnent jamais leur taille. D’ailleurs, le projet de la Romaine, selon l’étude d’impact d’Hydro-Québec, ne touchera pas l’écosystème d’une seule rivière, mais aussi d’une vingtaine d’autres rivières. Ce sont les tributaires de la Romaine. »
Selon l’article de La Presse, Thierry Vandal aurait aussi affirmé : «Il faut regarder à long terme. On ne décide pas d’un projet qui va produire de l’énergie renouvelable pendant plus de 100 ans en regardant les prix du marché.» Les réalisateurs rappellent, comme ils l’ont fait dans plusieurs entrevues radio, télé et écrites que le département américain de l’énergie prévoit un baisse du prix de l’énergie électrique, puis une stabilisation pour 25 ans. Qui plus est, selon cette même institution, les premières années d’un projet sont déterminantes pour sa rentabilité. Si on ne fait pas des profits les premières années, il faut ajouter les déficits à la dette et on ne s’en sort pas financièrement.
« Nous sommes d’accords avec Thierry Vandal pour dire que Chercher le courant est un beau film. Toutefois, ce film est bâti sur des faits et non des exercices de style : l’hydroélectricité coûte de plus en plus cher, est de moins en moins compétitive et laisse une empreinte écologique sur des milliers de kilomètres carrés au Québec (279 km2 dans le cas des inondations de la Romaine). Parfois le déni de la réalité fait mal, surtout quand ça fait 50 ans qu’on fait la même chose. Si on se rend compte que ce n’est plus la bonne énergie à développer, mais que les lobbys de la construction poussent pour continuer dans ce sens alors que la population veut une enquête sur cette même industrie, il faut absolument changer le courant des choses. » concluent les réalisateurs.
Autres corrections à l’argumentaire de Thierry Vandal. PDG de Hydro-Québec
| Le PDG d’Hydro-Québec a dit | Réplique de Chercher le courant |
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“Contrairement aux prémisses des auteurs du film, la Romaine n’est pas la dernière grande rivière vierge du Québec.”
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Le film ne dit pas que la Romaine était la dernière grande rivière vierge du Québec, il dit que la « Romaine serait la 14ème des 16 plus grandes rivières du Québec à être harnachée. » |
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(…) Plusieurs rivières encore intactes, comme la Moisie et l’Ashapmushuan. » |
Les rivières Moisie et Ashuapmushuan, bien que magnifiques, ne font pas partie des plus grandes rivières du Québec, soit des rivières de plus de 500 km de longueur. L’Ashuapmushuan fait à peine 266 KM de longueur et la Moisie 410 KM selon l’Atlas du Canada de Ressources Naturelles Canada.
http://tinyurl.com/rncanrivieres
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Le coût de l’électricité produite par les centrales de la Romaine sera de 6,5 cents le kilowattheure |
Note :Le prix annoncé dans l’étude d’impact d’Hydro-Québec est de 9,2 cents par kilowattheure.
Lettre du professeur d’économie Jean-Thomas Bernard au journal Le Soleil parue le 17 mai 2011 sur Cyberpresse.ca : La baisse du coût unitaire du projet de la Romaine, http://tinyurl.com/jtb001
extrait : « …ce projet est bien loin du seuil de rentabilité si nous considérons le contrat signé récemment avec le Vermont à 5,8¢/kWh. Le gouvernement vient de lancer le Plan Nord qui inclut aussi des développements hydroélectriques. La diminution inappropriée de l’évaluation du coût unitaire de la Romaine nous invite à la vigilance quant à la rentabilité de ces projets qui coûteront encore plus cher que la Romaine. »
Communiqué de presse de Chercher le courant – 16 février 2011 : Le gouvernement du Québec devrait mettre autant de vigueur dans la promotion et dans les incitatifs aux énergies vertes que Hydro-Québec met de créativité dans sa comptabilité.
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Les articles de la Presse et de la Gazette mentionnés dans le communiqué :
http://www.montrealgazette.com/technology/Critics+rely+myths+Hydro/4846371/story.html



