L’Expédition Chercher le courant est terminée. Le documentaire du même nom continue…

25 08 2008

Ça y est! Après 46 jours de rivières tantôt tumultueuses, tantôt calmes, de rapides parfois sympathiques et parfois vertigineux, de portages de quelques mètres aux portages de quelques kilomètres, de pluies diluviennes, de soleil plombant, d’arcs-en-ciel quasi quotidiens, de moustiques voraces et d’ours timides, Nicolas Boisclair et Alexis de Gheldere (Expédition Chercher le courant) épaulés par Fran Bristow et Steve Leckman (Alliance Romaine) ont finalement complété une odyssée de plus de 700km qui a pris son départ au Labrador et s’est terminée à l’embouchure du fleuve St-Laurent.

Ils sont sains et saufs, épuisés mais heureux d’avoir osé relever un défi sans précédent: atteindre la rivière Romaine en arrivant par le Labrador, en remontant une rivière sans nom (que l’on espère baptiser rivière Élévation) et en descendre son mince filet, puis son ruisseau, pour enfin naviguer plein sud ses eaux puissantes à travers un paysage majestueux.

Le trajet le plus difficile physiquement est maintenant accompli, mais le voyage n’est pas terminé. Dans les prochains jours, Nicolas et Alexis vont faire leur chemin jusqu’à Montréal pour préparer le financement et la production du documentaire « Chercher le courant ».

Ce site va donc continuer d’exister, va évoluer et deviendra le site officiel du documentaire CHERCHER LE COURANT des Productions du Rapide Blanc. Revenez dans les prochains jours pour voir plus de photos, plus de vidéo, plus d’articles sur la rivière Romaine et l’hydroélectricité et pour participer à un débat sur l’avenir de l’énergie au Québec.

Afin de leur rendre hommage, je me permet de partager avec vous un texte que j’ai écrit en 1997, bien avant de rencontrer ces deux aventuriers:

LES RIVIÈRES

Elles sont l’intermédiaire entre la montagne et la mer.

Elles sont tes cheveux sur tes épaules, nues ou habillées.

Elles sont les flammes qui mènent à l’enfer

Elles sont les affluents de la vérité

Entre regards et paroles, naviguant dans la tempête

Elles transportent les arbres morts et la clameur de la fête.

De diamants

D’eaux

De musique

Et de ces rêves inexprimés

Elles transmettent les messages du passé et les espoir du futur.

Sans juger ni réduire

Sans tambours ni trompettes

Elles ont le calme désiré,

La force tranquille et

L’espace d’un instant elles parlent à notre âme.

Naviguer

Aimer

Dans le naufrage ou la haine

Elles écoutent nos complaintes et rendent futiles nos révoltes.

L’arbre regarde

Le chevreuil s’abreuve

Et mon silence l’habite.

Sans efforts

Sans cris

Avec candeur et bravoure

Les rivières nous rappellent qu’hier et demain sont loin.

Aujourd’hui

Autour de nos chevilles

Froides et envahissantes

Les rivières nous disent:

TU ES VIVANT

-Denis McCready, producteur



Correction d’emplacement

25 08 2008

Après discussion avec Nicolas ce matin, j’ai appris qu’il s’était séparé du groupe de Alliance Romaine et que Alexis et lui étaient à seulement 16km de l’embouchure du St-Laurent. Il seront donc à Havre St-Pierre demain. Le GPS du 23 et 24 août indique donc le campement Alliance Romaine.

-Denis McCready, producteur



Journal de bord – 23 août 2008 – Jour 44 – Réflexion sur l’énergie solaire

24 08 2008

Cet automne nous chercherons du financement pour aller tourner en Europe, entre autre, pour compléter le documentaire par une comparaison de forme d’énergie verte avec l’hydroélectricité. L’énergie solaire, fort peu utilisée au Québec, est dans la mire.

ÉNERGIE SOLAIRE THERMIQUE

Alexis m’a souvent dis en sueur pendant l’expédition : « Nic, il doit faire au moins 25° ou 27 ° C actuellement. » Il enlevait alors ses vêtements pour se mettre en maillot de bain. Il ne suffisait que du passage d’un nuage pour qu’il frissonne et remette son chandail et son pantalon. En réalité il ne faisait que 17°, 19°, voire 21°C.

Le rayonnement solaire donne l’impression qu’il fait chaud car la peau et les objets captent cette chaleur. Dans le gros soleil de midi, chaque mètre carré de surface capte l’équivalent d’une plinthe électrique de 4 pieds, soit 1000W en une heure (soit 1kWh). Évidemment dans la maison en hiver, les fenêtres bien enlignées vers le sud, sud-est, sud-ouest et bien isolées (telles les fenêtres homologuées Energy Star) permettent de chauffer les pièces à l’énergie solaire mais aussi de limiter les pertes de chaleur la nuit.

LA FRANCE

La France a décidé, suite à une grande rencontre (la Grenelle de l’Environnement) de se lancer dans l’énergie solaire thermique. En effet, d’ici 2020 le gouvernement va progressivement faire installer 4 millions de panneaux solaire thermiques sur les maisons pour le chauffage de l’eau. Il s’agit d’une maison sur cinq!

Évidemment c’est certain que nous voulons aller voir cet automne comment la France prévoit installer autant de panneaux solaires alors que ce n’est pas un pays tropical.

-Nicolas

GPS – 50° 23′ 13.92″ N – 63° 15′ 11.52″ O.



20 000 pages vues pour le site de l’Expédition Chercher le courant!

24 08 2008

Merci à tous nos amis, supporteurs, critiques et visiteurs de tous acabits!



Compilation d’images vidéo maintenant sur YouTube

23 08 2008

Vous pouvez regardez sur YouTube la compilation d’images vidéo tournée entre le 27 et le 31 juillet 2008.



Journal de bord – 21 août 2008 – J’ai les blues…

23 08 2008

Le groupe de Fondation Rivières, la Société pour Vaincre la Pollution, Sierra Club et Nature Québec viennent de partir. J’ai les blues…

Hier debout jusqu’aux petites heures du matin avec le groupe… ce soir 20h40 et déjà au lit. Il reste 6 jours et 82km, dont 20km demain. Nous savons maintenant que le bassin des Murailles n’a pas de murailles, elles sont juste en haut sur la rivière. Nous savons que nous pourrons probablement dormir en auberge de jeunesse à l’arrivée dans l’estuaire du Fleuve St-Laurent.

Je commence à avoir bien hâte de garder mes gales au sec (j’en ai des nouvelles) pour les soigner et passer du bon temps avec mes bons amis.

Le genou droit en compote (le ligament) tient bon. Hier, j’ai portagé avec mon casque et ma veste de flottaison. Je me suis frappé le poignet, le bracelet de montre est brisé mais mon poignet est sauf.

La cheville gauche m’élance; il faut dire qu’hier nous avons probablement fait les deux plus dangereux portages de la Romaine. Des pentes à 45°, glissantes sur la boue, rochers, précipices. Il nous a fallu installer des cordes fixes pour se hisser d’une pente à l’autre, et même faire une tyrolienne pour descendre l’équipement. Comme nous suivions le groupe de Fondation Rivières, la Société pour Vaincre la Pollution, Sierra Club et Nature Québec qui étaient en raft, nous les avons aidé. Premier portage (250m selon la carte) 3h30 de labeur, deuxième portage (350m) 5h hier pour le matériel, plus 3h aujourd’hui pour les rafts. Une chance que les rafteurs nous avaient pour leur faire une navette en canot jusqu’au camping sur l’autre rive après la chute.

En effet, Alexis et moi étions séparés du groupe d’Alliance Romaine (ils sont maintenant 9) car le ?? sur la rivière et la grandeur du camping ne nous convenait pas pour passer 72h.

Ce soir nous sommes à nouveau entre canoteurs… et j’ai les blues. C’est la fin de l’expédition qui pèse.

-Nicolas

GPS – 20-21 août 2008



Nouvelle caméra livrée en hélicoptère.

20 08 2008

Autour de 5h30 du matin mercredi 20 août (jour 41), un hélicoptère de Heli-Excel piloté par le vétéran Jacques Galichon est arrivé au bord de la rivière Romaine pour remettre à l’équipe une caméra HDV de remplacement. Sous la pluie, les grands vents et les regards préoccupés de Alexis de Gheldere et Nicolas Boisclair, la machine s’est finalement posée afin de livrer le précieux cargo.

Depuis mardi matin, l’Expédition Chercher le courant s’est engagé dans un large canyon qui serpente sur la Romaine quelques kilomètres en amont du bassin Muraille, rendant impossible la livraison par hydravion. Depuis l’indicent de vendredi passé où la caméra vidéo principale a été endommagée par une chute dans la rivière, le producteur Denis McCready basé à Montréal a travaillé d’arrache-pied pour organiser la livraison d’une nouvelle caméra. Les disponibilités d’hélicoptères locales, les problèmes de courrier entre Montréal et Havre St-Pierre et la météo ont tous été contre les aventuriers. Après plusieurs tentatives de placer la caméra sur un avion en partance de Sept-Îles, la plus proche ville où des avions passagers assurent le courrier, les étoiles étaient pourtant alignées:

Courrier Montréal – Sept-Îles – départ prévu mardi 6h

Courrier spécial – Sept-Îles au Havre St-Pierre – réservé pour réception à 10h

Hélicoptère pour livraison sur le terrain – réservée pour 18h.

Puis un improbable accident vient presque mettre l’expédition en péril: très tôt mardi matin, le camion assurant la livraison des colis à l’aéroport de Montréal est violemment frappé par un camion, l’empêchant de livrer le chargement en partances pour Sept-Îles. Heureusement, le conducteur n’a pas été blessé.

Mais Denis apprend l’incident, non pas de la compagnie de courrier qui a des centaines de clients, mais du chauffeur en attente à Sept-Îles. On lui confirme au téléphone que le colis n’est pas parti, et ne se rendra à Sept-Îles qu’à 17h30. L’expédition risque maintenant de perdre la dernière journée de tournage avec le contingent de scientifiques et d’environnementalistes qui sont en rafting sur la rivière pour effectuer des expériences scientifiques.

Au cours des 10h qui suivront, Denis doit trouver un nouvel hélicoptère, celui réservé n’ayant aucune disponibilité le matin suivant. Le courrier spécial est forcé de passer sa journée à Sept-Îles, en attente du colis. L’horloge tourne, et les possibilités de livrer la caméra diminuent.

Finalement, après d’infructueux appels à Havre St-Pierre, Sept-Îles et Québec, Denis reçoit un rappel de Jean Goyette de Heli-Excel qui confirme qu’il y a un pilote et un hélico disponible. Il ne reste qu’à coordonner la livraison du colis à Havre St-Pierre.

Ce matin les conditions météo étaient difficiles et l’hélicoptère affrétée était la seule en vol dans la région; heureusement avec plus de 10 000 heures de vols et une connaissance intime du terrain, le pilote a pu localiser l’équipe grâce aux coordonnées GPS envoyées la veille par Alexis et Nicolas.

Avec une pluie exécrable, des vents violents et le froid qui se met de la partie, Alexis a réussi à téléphoner pour faire la chronique à LCN juste avant 9h ce matin, aidé par Nicolas qui se débattait avec une bâche afin de le protéger des intempéries.

L’équipe de Chercher le courant et des Productions du Rapide Blanc veulent remercier tout le monde qui a coopéré avec eux pour rendre possible cette livraison. Le soutien moral, les mots d’encouragement et les dons ont été accueillis avec beaucoup de d’émotion et de gratitude par Nicolas et Alexis. En leur nom: Un gros gros merci!

L’Expédition Chercher le courant continue jusqu’à la semaine prochaine, d’ici là un montage des meilleures images vidéo sera bientôt mis en ligne sur ce site.



L’Expédition Chercher le courant à la radio

19 08 2008

Écoutez Nicolas Boisclair et Alexis de Gheldere en entrevue à la radio en suivant ces liens – émissions du 18 août.

Radio-Canada – Première Chaîne – Plaisirs d’été avec Philippe Fehmiu Cliquez sur le 18 août, première partie.

Radio-Canada – Première Chaîne -L’été du monde avec Johanne Prince Cliquez sur le 18 août.



PRÉCISION POUR L’ENVOI DE DONS

19 08 2008

Il est important de donner plus de précisions sur le mécanisme de réception des dons.

La caméra vidéo sinistrée est toujours inopérable. Nous avons envoyé une caméra louée pour la remplacer. Cela demande un hélicoptère à cause du terrain où l’équipe est en ce moment.

Les équipements de tournage sont assurés par Rapide Blanc, mais le déductible est élevé et affectera financièrement la compagnie dans le futur.

Créations Briser le silence est un organisme à but non lucratif qui peut recevoir des dons et aussi nous permettra d’appliquer à certain programme de financement. Cette compagnie est détenue par Rapide Blanc et est administrée par Sylvie Van Brabant, la productrice exécutive du projet.

L’argent servira exclusivement à payer l’expédition, donc à rembourser Nicolas Boisclair, Alexis de Gheldere et Denis McCready pour les argents personnels qu’ils ont investit.

Une fois l’expédition terminée, nous allons afficher un compte rendu claire sur ce site web précisant la somme d’argent totale reçue et à quoi elle a été affectée.

Pour plus de détails, écrire à Denis McCready à chercherlecourant@gmail.com



Journal de bord – Vendredi 16 juillet 2008 – Rapide R6 terrifiant

17 08 2008

Le bad trip suprême. Celui qui surpasse tout. Le cauchemar redouté. Pire que les mouches noires et une pluie froide et constante d’une dizaine de jours.

Hier matin, un des plus gros rapide de l’expédition : R6. Je ne savais même pas que ça pouvait exister. Furieux torrent qu’il nous faut portager. Le soleil est radieux. Ses rayons réfléchissent sur les flots éclatant de blancheur. La beauté.

Il faut filmer ce portage.

Comme depuis 36 jours maintenant, je m’installe sur une roche sur la rive. Grande. Stable. J’étend les pattes du trépied. Je prends quelques plans de l’eau qui gicle partout. Plan d’ensemble, gros plan, pan, tilt. Toujours aucun portageurs à l’horizon. Je prends d’autres plans : des rochers énormes, l’eau qui s’y engouffre. La beauté, encore et toujours autour de nous. La magie et le mystère.

Je relève le centre du trépied pour faire une extension de la hauteur de la caméra. Je prend encore quelques rochers. Je regarde si les autres arrivent par le sentier de portage. Personne. Puis, comme en slow motion le trépied et la caméra tombent. Dans l’eau. « Noooooonnnn!!!!!! » Panique totale. Je saute à l’eau et je ramasse tout aussitôt. Tragédie complète. Les sacres y passent un après l’autre. Grand cri. Je capote.

La suite se résume à démonter tout ce qu’on peut, dévisser la lentille, le viseur, et tout ce qu’il est possible pour faire sécher. Attendre. Angoissé. Dans mon cas, pleurer. Tant d’effort. La préparation. L’argent investi. 36 jours de labeur. Le projet de documentaire est à l’eau. En tout cas la caméra. Grande terreur et adversité inimaginable.

Aujourd’hui, il fait encore beau. On a essayé de tout faire sécher encore. Pierres chaude la nuit pour faire évaporer comme on peut. La caméra ne marche toujours pas. On se rabat sur notre caméra backup, mais elle n’est pas HD et nos batteries sont limités et sans chargeurs. Si la caméra HD ne remarche pas, nous essaierons de nous en faire livrer une autre dans les prochains jours par hydravion. À suivre…

- Alexis

GPS – 16 au 19 août