SUIVRE L’EXPÉ

Tout au long de l’expédition, nous mettrons à jour le blogue par téléphone satellite. Restez branchés! Les entrées sont alignées chronologiquement vers le bas. En bas de page, vous pouvez lier et écrire vos commentaires.

Départ JOUR 1 – 11 juillet 2008

La mise à l’eau s’est faîtes à la rencontre de la route 500 et le réservoir Ossokmanuan. Ils se sont ensuite dirigé vers le Sud-Est.

Fran Bristow et Steve Leckman montent à bord de leur canot Esquif et pagaient pour rejoindre Nicolas Boisclair et Alexis de Gheldere sur le réservoir Ossokmanuan.

JOUR 2 – 12 juillet 2008 - 29 km parcouru, progression plus lente que prévue, beaucoup d’eau vive et des rapides R1 qui n’étaient pas identifiées sur les cartes, ça pourraient leur faire perdre une journée avant la rivière sans nom, il va falloir se rattraper dans les prochains jours.

Position vérifiée par GPS le soir au campement: 53,01,094 Nord – 64,41,56 Ouest

De la baignade et du soleil – 212km avant la ligne de partage des eaux.

Hier (jour du départ) j’ai fait une gaffe monumentale pour notre expédition et il a fallu travailler fort pour la rattraper. J’ai filmé et malencontreusement j’ai oublié d’appuyer OFF après. Quand nous nous en sommes rendu compte, une cassette venait d’être passé à filmer le fond du caisson étanche. En ville ce n’est pas grave du tout, après tout une pile contient une fraction de un sous d’électricité, mais en expédition c’est grave. C’est comme si nous avions oublié une fenêtre ouverte en plein hiver durant une semaine. Dans les 24h qui ont suivi, nous avons essayé d’attraper tous les rayons solaires possibles avec nos deux panneaux solaires. Le soleil était de notre côté et ça a marché. Les batteries sont pleines. Hourra!

-Nicolas

JOUR 3 – Voir l’entrée Des nouvelles du Labrador pour plus de détails
Position vérifiée par GPS le soir au campement: 52,57,551 N 64,39,273 O

Dimanche 13 juillet – Un camp de pêche avec des hôtes incroyables au Labrador – À environ 147km de la ligne de partage des eaux.

Journal de bord: Partis depuis trois jours, nous avons progressé rapidement, mais jamais autant que nous l’espérions. Le vent du Nord des deux premiers jours était le bienvenu pour remonter le courant, car nous allions franc Sud sur le réservoir Ossokmanuan, le lac Panchia et la rivière Atikonak. Par contre nos cartes topographiques ne montraient aucune pentes, à l’exception de deux rapides à remonter. Mais en réalité nous avons cordelé au moins 15 sections depuis trois jours, et le vent aujourd’hui était de face. En après-midi, le vent était si fort, que nous avons du prendre une pause d’environ 1h30 dans les arbres et se protéger de la pluie avec une bâche. Ensuite le vent s’est calmé un peu, mais les premiers humains que nous avons vu depuis près de 70km sont vite venus nous proposer du café. En effet, quand Wilson et Chris, employés d’un camp de chasse et pêche, nous ont vu de l’autre côté de la rivière Atikonak en train de remonter le courant et le vent à la perche, ils ont sauté dans leur chaloupe pour vite nous inviter à partager un café bien chaud dans leur palace de bois rond. Ils étaient si gentils et drôles, que nous avons même accepté de rester à souper et dormir. Le hic, c’est que maintenant nous avons accumulé un retard de 45km sur les 112km que nous voulions faire en trois jours. Espérons que tout ne sera pas plus difficile que prévu. À plus!

-Nicolas

JOUR 4 et 5 – 14 et 15 juillet 2008 – Lecture GPS à 19h ( X = jour 5 )- 52,38,493 N – 64,19,111 O

Journal de bord: Ça nous a pris finalement 5 jours pour faire notre premier segment de 112 km. De gros rapides à cordeler, et un rapide R3 – 4 à portager, de la pluie et des vents de face. Après l’épisode de la chaloupe à moteur qui est venu à notre rencontre sur la rivière Atikonak, nous sommes repartis hier matin pompés à bloc. Et aujourd’hui, debout à 4h du matin, arrivés à la rivière sans nom vers 11h30, remonté le courant jusqu’à 16h30. Les rapides sur notre vieille carte des années ‘60 semblent correspondre à ce qu’on voit sur place; c’est rassurant. Un bon rapide R2-3 à remonter en cordelle, après ça on a du pôler entre les rapides – donc on s’exerce à la pôle, et un rapide de 800m de long avec seuil 4 (donc une chute de 1m à franchir). Ensuite un orage, quand nous nous arrêtons enfin sur les hauteurs de cette rivière de 100km qui ne porte pas de nom – à nous de la baptiser. Aussi, hier au campement vers 22h30, on entend flouch, flouch et on sort la tête de la tente. Qu’est-ce qu’on voit pas: un caribou. On avait vu plein de pistes de caribou déjà, mais là on a vu notre premier caribou nocturne.

À bientôt,

-Alexis

Alexis et Nicolas sur le lac Attikonak – 14 juillet 2008 – © FRAN BRISTOW 2008

Emplacement du campement Jour 5

JOUR 6

16 juillet 2008 – Réveillés par un caribou

Hier soir, couchés dans nos tentes sur une minuscule plage, près de l’embouchure de la rivière sans nom, que nous nous apprêtions à remonter à partir du lendemain, nous nous sommes fait réveiller par un plouch, plouch dans l’eau. Quoi? Qu’est ce qui se passe? Un caribou, tout seul par chance, car une horde nous aurait écrasé…

Aujourd’hui après quelques kilomètres sur la rivière sans nom, nous avons arrêté dormir dans un tapis de lichen, seul endroit plat à des kilomètres à la ronde. Les lichens sont rares et précieux aux latitudes des villes, mais ici c’est le couvre sol typique. On n’a pas le choix de dormir dessus s’il n’y a pas de plage. Alors près de ce tapis de lichen, qu’avons nous trouvé? Imaginez-vous donc que nous avons trouvé des plantes insectivores:  » Pitcher plant » en anglais. D’ailleurs hier, alors qu’il faisait une entrevue avec LCN pour leur raconter le caribou qui nous a réveillé en pleine nuit, Alexis se trouvait en plein champs de plantes insectivores.

-Nicolas

JOUR 7

17 juillet 2008 – Rattrapons le retard + Caméra photo victime de l’eau.

Nous avions fait en 4 jours et demi la remontée jusqu’au lac Atikonak au Labrador, ça devait nous prendre 3 jours…

Par contre la rivière sans noms nous la remontons comme des chefs jusqu’à présent, en se levant à 4h – 5h du matin et en pagayant, que dis-je? En portageant, cordelant et poussant la perche jusqu’à 17h et 18h nous avons rattrapé la journée et demi de retard en quelques jours. Tant bien que j’ai tenté d’obtenir de mes comparses qu’on prenne un congé. Finalement j’ai obtenu une grasse matinée. Demain matin le levé c’est 6h AM. C’est que nous avons fini la remontée de la première moitié de la rivière sans nom, mais après le lac où nous sommes, la pente sera plus forte et la rivière aura moins de débit.

Y aura-t-il assez d’eau?
Allons-nous traîner les canots dans la roches?
Irons-nous beaucoup moins vite?

Le moral est bon et particulièrement aux repas. Les repas sont des réconforts époustouflants et les desserts des surprises ultimes. Je pense que ce qui nous encourage le plus est de savoir qu’il reste à peine une cinquantaine de kilomètres avant la ligne de partage des eaux entre le Québec et le Labrador pour descendre la Romaine. Côté technique, l’essentiel tient le coup. Mais un pépin est survenu : le caisson de ma caméra photo (acheté spécialement pour protéger ma caméra de l’eau) s’est ouvert dans le fond du canot. Quand je m’en suis rendu compte la caméra flottait dans son jus. Eh merde!

-Nicolas

Nous attendons de voir si miraculeusement la caméra revient à la vie, sinon nous devrons en envoyer une neuve à l’équipe lors du contact du 1er août.

Mesure 17 juillet 2008 soir – GPS 52.45.899 N 64.02.382 O

JOUR 9 – 19 juillet 2008 – Maudites mouches noires!!!

Nous sommes à environ 20km de la frontière Labrador – Québec où nous franchirons d’ici quelques jours la ligne de partage des eaux pour enfin trouver le début de la rivière Romaine et suivre son courant (dans le sens où elle s’écoule).

La remontée de la rivière sans nom va très bien, à un point tel que nous avons pris un après-midi de congé avant-hier sur une presqu’île en haut d’un gros prapide R4-R5 spectaculaire. Il ventait; ce qui nous a libéré quelques heures de notre ennemi le plus terrible de l’expédition: les bibittes. On a aussi eu droit à la visite d’un ours attiré par notre poisson cuisiné le même soir. (Il est reparti aussitôt, mais le lendemain l’équipe a découvert qu’ils s’était soulagé à proximité de leur campement…)

Hier (18 juillet), on a poursuivi la remontée et on a cordelé plusieurs rapides. Puis on est arrivé à un rétrécissement de la rivière, véritable canyon d’eau vive. Pas le choix, on a du portager dans une vraie jungle de lichen, de parois rocheuses mais surtout de mouches noires. Des nuages de mouches noires. Partout. Terrible. À en devenir fou. Je me donne quelques jours avant de complètement perdre la carte. Le soir venu nous avons rapidement mangé avant de nous enfermer dans nos tentes. Et tuer des dizaines de mouches noires!!

Aujourd’hui nous avons monté une montagne pour voir un peu plus loin, l’horizon du vaste territoire de cette forêt boréale infinie du Labrador.

-Alexis

Matin du 21 juillet : GPS N 52.49.720 – O 63.51.264 – altitude 563m. Ils sont à environ 5km de la frontière Labrador – Québec. Ils devront aller en repérage aujourd’hui pour voir quel est le bon chemin à prendre.

Jour 12 – Contacté mardi 22 juillet au soir, Nicolas et Alexis étaient fatigués après une grosse journée de portage, mais heureux d’avoir accompli la première étape du voyage. Plus de détails demain.

Coordonnées GPS – 52.49.746 N – 63.41.256 O

Jour 14 – La ligne de partage des eaux

Depuis hier après-midi, nous sommes arrivés à la ligne de partage des eaux, à cheval entre la source de la Romaine et la source de la rivière sans nom. Nous avons fait une cérémonie pour baptiser la « sans nom ». Dorénavant ce sera la rivière Élévation. Comme en pèlerinage elle nous a fait nous élever physiquement et spirituellement.

Le parcours a été dur, mais moins que j’aurais pu imaginer. Le paysage magnifique des dix derniers kilomètres avant la ligne de partage des eaux compensait largement l’effort. Comment vous décrire le paysage? Vu du haut de la montagne, c’est un peu comme le Nevada ou le Colorado: des escarpements rocheux, des couleurs contrastantes, mais au lieu de gros cactus, des petits sapins de Noël clairsemés un peu partout.

Du haut de la montagne on pouvait voir aux environs les dix premiers kilomètres de la Romaine: d’abord un chapelet de lacs entrecoupé de minuscules bras de rivière. Nous sommes sur la bébé Romaine, n’est ce pas?

Le couché de soleil était hallucinant! Est-ce que je vous ai dit qu’on était au paradis?

Aujourd’hui c’est congé. On l’a bien mérité. On profite aujourd’hui de cette rare canicule qui dure depuis trois jours pour recharger les batteries de caméra vidéo et de téléphone satellite avec nos deux panneaux solaires. Mais aussi pour recharger nos muscles et s’imprégner du fabuleux paysage.

On reprendra dans l’inconnu demain. Il reste 120km de rivière à rapides non-classés à parcourir avant d’arriver au début d’où les canoteurs partent généralement, c’est à dire au lac Brulé.

-Nicolas

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MESSAGE À TOUS

Merci à tous ceux et celles qui m’ont donné une lettre avant le départ. J’en ai déjà ouverte 7 sur 16… Pendant que je vous écris, j’apprends des amis qu’un ours noir s’approche. Ça fait 3 fois en 14 jours qu’il y a un ours qui vient nous sentir, mais ne vous inquiétez nous avons du poivre de cayenne, une machette… Nous sommes 4. J’ai lu quelque part que les ours noirs sont plus peureux que les grizzly.

Oui euh… Je disais que vos lettres étaient super appréciées. J’en ai ouverte après de dures journées à me faire piquer par des insectes comme c’est pas possible ou encore avant de me coucher après 12h de canot et de cordelle dans les roches de la rivière Élévation.

Merci à tous et à toutes.

- Nicolas

POSITION GPS – Soir 14 – 24 juillet 2008 – 52.49.877 N – 63.38.313 O

Jour 16 – 26 juillet 2008 – Journal de bord

Premiers gros rapides et chutes

Ouf! Aujourd’hui nous avons commencé la journée comme hier, à pagayer doucement de lacs en lacs, entrecoupés de petits bras de rivière si peu creux qu’il fallait cordeler ou tirer le canot. Mais attention, on est arrivé à une zone où la carte topographique indiquait trois descentes de 15m en moins de 1km. C’était magnifique, des chutes, des cascades et encore des chutes. Par contre le type de portage a radicalement changé. On est passé dans le même kilomètre d’une forêt très clairsemée, où on portage où on veut, à une forêt dense où le canot ne passe nulle part. En tout, ça nous a prit 3h30 pour avancer de 1km. Il n’y pas de sentiers de portage, car la rive est trop sauvage et trop peu fréquenté. Le dîner et la baignade ont été très bien accueillis, suivi d’une sieste.

Est-ce que cette journée a été éprouvante? Une corde s’est prise entre deux roches alors que je portageais des rapides trop encombrés de roches. Je suis tombé à l’eau. J’ai mis une demi-heure à retrouver mon chapeau sous un gros rocher, dans de forts courants. Est-ce que ça a valu la peine? Bien sur que oui. On a pu voir des falaises magnifiques et la Romaine se gonfle peu à peu pour devenir vraiment une rivière.

-Nicolas

Photo prises les 25 et 26 juillet 2008 par Nicolas Boisclair.

Jour 18 – 28 juillet 2008 – Journal de bord

Vraiment à éviter en eaux basses

Hier encore des rapides où il n’y avait pas d’eau. En deux jours nous avons descendu de dénivelé de plus de 100m, soit 1/6e de l’altitude totale de la rivière Romaine de la source à l’embouchure. Une chance que les canots Esquif sont faits pour durer car nous les avons tellement maltraités. Même avec notre poids hors du canot, il a fallu encore tirer pour glisser les canots sur les cailloux et les roches. Et ce des dizaines de fois. C’est simple en été, s’il ne pleut pas abondamment, la rivière Romaine, en amont – en haut du lac Long, n’est tout simplement pas navigable. C’est tellement trop gratte-canot, que ça fait mal au coeur de faire souffrir les canots comme ça. Nous sommes maintenant au lac Long, la partie de la Romaine où les rapides ne sont pas classés sur les cartes achève. Il nous restent environ 20-30km avant d’arriver là où une carte de rivière en bonne et due forme existe. C’est à dire là où la voie normale commence.

À partir de là, le niveau d’eau est réputé pour être généralement de assez haut à trop haut. Laissez-moi vous dire pourquoi.

La partie en amont du lac Long draine une mince chaîne de montagnes escarpées. S’il pleut, l’eau s’écoule rapidement et le large lit de la rivière peut s’adapter à autant d’eau. Comme les pentes sont escarpées dans les montagnes, lorsqu’il arrête de pleuvoir les niveau d’eau redescend rapidement.

Par contre, là où nous sommes, soit à partir du lac Long, la rivière draine un plus large bassin de rivières et ruisseaux, et de grands lacs peuvent créer un tampon pour qu’il y ait toujours relativement beaucoup d’eau. Le lac long, lac Brulé, lac Lozeau, lac Anderson. Lorsqu’il pleut fort le niveau de ces lacs monte et ils répartissent leur eaux sur plusieurs rivières… (téléphone coupé)

-Nicolas

Photo prises les 27 et 28 juillet 2008 par Nicolas Boisclair.

© NICOLAS BOISCLAIR 2008

Mesure GPS – 52.37.165 N – 63.52.573 O

Jour 20 – 30 juillet 2008

18h30 – 19h

Trois semaines après le départ. Mon cahier ouvert. Les autres cuisinent. Nic, le dîner de demain; Fran et Steve, le souper. Le luxe du temps pour écrire. 34km de canot aujourd’hui, 38km demain. L’épaule droite qui commence à dire « À l’aide! ».

La rivière prend forme. Depuis deux jours, nous parvenons à descendre enfin des rapides R2, R3-4 sans accrocher. Ça fait bizarre de commencer à être capable de descendre des rapides au jour 19 d’une expé…

Mis à part trois jours de beau temps ininterrompus la semaine dernière entre les deux rivières (celle que nous montions et la Romaine que nous allions descendre), la météo est semblable d’un jour à l’autre. Un ou deux orages de style tropical (violent mais bref), quelques heures de soleil et de ciel bleu, et généralement un ou deux arcs-en-ciel par ci par là.

L’ensoleillement épars ne nous donne pas la possibilité de charger nos batteries de téléphone satellite mais surtout de caméra comme on le souhaiterait. Ça nous aurait pris un panneau solaire plus puissant à 1000$ au lieu de celui à 600$ pour lequel on a opté et qui ne nous donne que 12 – 13 W en plein soleil (ça en prendrait 20w pour la batterie). Mais, faute de tests suffisants avant le départ, nous nous arrangeons avec les moyens du bord dans cette aventure autofinancée (nous n’avons toujours aucun diffuseur donc nous nous autofinançons à 95%).

Entre le montage et démontage quotidien du camp, la préparation de la bouffe, le canotage, portage, cordelage, les arrêts pour prises de vues, les instants de folie dues aux mouches noires, les recharges de caméra (il faut nous voir sortir les panneaux solaires dès l’éclaircie, sur les canots en eau calmes ou une demi-heure sur une roche ou une plage lors d’un arrêt), le temps est un luxe et il n’y a pas que les batteries de caméra qui s’épuisent.

Mais ces paysage d’horizons lointains, ce caribou des bois au bout d’une baie avec son petit tantôt, ces trois ours qui nous ont visité, cette rivière remontée jusqu’à disparaître, cette autre qui nous offre depuis hier de majestueux rapides; tout ça nous motive et nous sentons toujours grandir en nous cette appartenance aux éléments desquels nous sommes après tout issue. Cette biosphère, toute de formes et de diversités, nous la voyons sous sous yeux à tout moment. Magique.

Et nous vous portons avec nous dans nos bagages, parents, amis et milliers de yeux qui nous suivent sur Internet, à LCN, dans un journal ou à la radio. Merci de nous envoyer votre bon courant!

-Alexis

Photo prises le 30 juillet 2008 par Nicolas Boisclair.

© NICOLAS BOISCLAIR 2008

GPS 52°20’30.60″N – 63°56’6.12″O

JOUR 22 – Vendredi 1er août 2008

L’équipe de l’Expédition CHERCHER LE COURANT, Nicolas Boisclair et Alexis de Gheldere, et les environnementalistes de l’Alliance Romaine, Fran Bristow et Steve Leckman, accueillent leurs nouveaux partenaires de canot.

En milieu d’après-midi, le vendredi 1er août, Christian Hudon, Briana MacKay et Emmy Hendrickx ant amerris en hydravion avec canots, bagages et ravitaillements.

© FRAN BRISTOW 2008

© NICOLAS BOISCLAIR 2008

GPS envoyé par Christian avec une borne de secours reliée à Internet – 52.05.16,44 N – 63.45.28,24

Jour 23 – Samedi 2 août

Trois nouveaux canoteurs de joignent à nous

Nos partenaires d’expédition d’Alliance Romaine ont invité des pagayeurs à se joindre à l’expédition. Ils sont arrivé au Lac Andersen hier avec les paquets de nourriture du ravitaillement que nous leur avions confiés avant le départ, en plus d’un grand sac de produits frais.

Est-ce que j’ai mangé à ma fin durant les 21 premiers jours? Hmmm… Pas tout à fait. Est-ce que l’énorme fondu au chocolat de Christian, fraîchement sorti de l’hydravion a fait un heureux quand il l’a sorti après le souper? Oh que oui!!

Nous sommes donc maintenant sept personnes dans quatre canots.

-Nicolas

GPS soir -51° 53′ 58.20″ N – 63° 48′ 38.52″ O

Journal de bord – 3 août 2008 – Arrivé dans le secteur des futurs barrages… qui durera 21 jours et 240km.

Hier nous avons passé un rapide de classe 4 (le maximum est 6). Ce rapide est situé tout prêt d’où la frontière du Labrador cesse de longer la rivière Romaine. Ensuite nous sommes entré dans la zone qui serait inondé par le barrage Romaine 4.

Nous sommes maintenant à 460m d’altitude, le barrage Romaine 4 inonderait parfois jusqu’à cette altitude, et parfois 16,5m de moins. Cette différence s’appelle le marnage.

Le marnage est un des principaux grand impact d’un barrage car il ne laisse pas à la nature la possibilité de s’adapter très bien. L’eau peut se retirer pour plusieurs semaines, voire des mois et l’écosystème tente de s’y adapter. Les animaux peuvent re-fréquenter l’endroit, voir s’y réinstaller; les plantes aimant le sol sec peuvent y pousser… jusqu’à la prochaine remontée de l’eau de 16,5m (ou 54 pieds) pour créer une réserve.

Là où nous sommes ce matin, l’inondation ne paraîtrait que peu car nous sommes à la limite maximale du réservoir Romaine 4, mais aujourd’hui nous allons filmer deux rapides qui vont se trouver en pleine zone de marnage si les projets de barrage vont de l’avant.

C’est à dire que lorsque le niveau de l’eau du réservoir sera haut, les rapide seront sous plusieurs mètres d’eau; lorsque le réservoir sera bas, les rapides réapparaîtront pour un certain temps, avec leurs rives maintenant lessivées par le trempage intermittent.

Un peu plus loin, les autres rapides ainsi que la végétation seraient en permanence inondés car le niveau du réservoir – même à son plus bas – serait beaucoup plus haut que le niveau naturel de l’eau. (Nous parlons d’un barrage de 87m de hauteur, soit l’équivalent de la hauteur du siège social d’Hydro-Québec à Montréal).

- Nicolas

FINI LES MOUCHES???

Est-ce le miracle du mois d’août qui se répète? Toujours est-il que depuis une semaine les mouches noires des font rares et je ne mets plus d’insectifuge… Les piqûres guérissent au lieu de s’additionner. La vie est belle!

-Nicolas

Jour 25 – 4 août – HQ Distribution, HQ Production, HQ Transport

Cela fait plus d’une décennie qu’Hydro-Québec a été séparé en trois divisions, soit :

Hydro-Québec…
1 – Distribution
2 – Transport
3 – Production

Pourtant c’est toujours un mystère pour la plupart des citoyens.

HQ Distribution c’est d’une certaine façon le vendeur, le détaillant, le commerçant… Ils vendent de l’électricité sans en produire. Un peu comme Provigo ou Métro vous vend des tomates sans en faire pousser.

HQ Transport est une compagnie qui ne fait que le transport de l’électricité. Ils sont payés par contrat pour livrer du point A au point B. C’est un peu comme une flotte de camionnage qui va chercher les tomates d’un grand producteur pour les amener à l’entrepôt du supermarché.

HQ Production est une compagnie qui produit de l’électricité. C’est le producteur de tomate dans notre chaîne. HQ Production exporte aussi des tomates en gros, aux Etats-Unis et en Ontario.

Pour continuer la métaphore, actuellement nous produisons plus de tomates que nous n’en consommons, alors HQ Production a des tomates à vendre à l’Ontario et aux Etats-Unis. HQ Transport s’est entendu pour aller les livrer à la frontière. Afin de vendre au Québec, HQ Distribution achète des tomates de HQ Production, mais aussi de producteurs privés (dans l’éoliens, dans le cas de mini-centrales hydroélectriques, et dans le cas de la centrale au gaz de Bécancourt – Trans-Canada Energy).

Il se trouve que HQ Distribution a commandé trop de tomates et en offre donc aussi à la frontière ontarienne et états-unienne.

La situation devrait durer encore quelques années.

Pourquoi?

Parce que normalement HQ Distribution ne vendrait des tomates qu’au Québec et seul HQ Production en vendrait hors du Québec, mais comme les deux divisions sont en surplus, HQ Distribution paie une amende à Trans-Canada Energy pour annuler la livraison des tomates et il reste encore des surplus. Dans cette logique, tant que la consommation de tomates n’augmentera pas au Québec, HQ Distribution paiera une amende à Trans-Canada Energy.

-Nicolas

(Précision du webmestre, le téléphone satellite ayant coupé : Oui, vous avez bien lu, HQ Distribution paie une amende parce qu’elle vend moins d’électricité au Québec que ce qu’elle avait prévu. Une pénalité pour avoir économisé… Ironique, non?)

GPS – 51° 35′ 12.12″ N – 63° 40′ 47.64″ O

JOUR 28 – Soir – Journal de bord – Club Social!

Avant hier on est parti d’une super grosse plage comme on en voit des tonnes dans les sections calme de la Romaine depuis quelques jours. Je me croyais aux Îles de la Madeleine tant ce n’était que du sable à perte de vue.

Après seulement 1h30 de canot, on tombe sur un camp de chasse devant lequel est stationné un hydravion. Les trois autres canots (puisque nous sommes sept depuis le ravitaillement du 1er août) sont montés sur la plage. On les rejoint et ils nous attendent sur le balcon avec trois hommes, sourires au lèvres.

« Voulez-vous une bière, les gars? Voulez-vous utiliser notre génératrice pour charger vos batteries de caméra? » Wow! Est-ce le paradis?

Finalement on a passé l’après-midi avec Michel, Gilles et Serge qui nous ont offert aussi la soupe et même – merci Michel! – un tour d’hydravion d’une demi-heure au dessus de la Romaine. Michel était au courant qu’on serait dans le coin, car il nous suit sur le blogue (comme vous). Ils nous avait même amené un article sur notre épopée tirée du journal de Sept-Îles édition du dimanche 3 août!

Pendant qu’on discutait avec les trois chasseurs d’orignaux, on a remarqué deux taches blanches au loin sur la rivière. Qu’est ce que c’est? Deux canots!! Hein! On n’est plus les seuls sur la rivière!

Finalement, c’était deux Ontariens, Trevor et Mike, qui ont campé comme nous sur la plage du camp de Michel, et on a partagé mon pâté chinois à douze personnes en tout. On a échangé toutes sortes d’histoires au coin du feu et on s’est couché plus tard que d’habitude (23h) dans la plus grande joie et sous un ciel habité par des millions d’étoiles.

Le lendemain (hier) on a du compenser en se levant à 4h du matin pour démarrer notre journée de 37km, jusqu’au grands rapides de l’endroit désigné par Hydro-Québec pour l’éventuelle construction du barrage Romaine 4. Il y avait une brume d’outre-tombe à couper au couteau et c’était fabuleux.

- Alexis

GPS du 7 août – 51° 22′ 36.48″ N – 63° 32′ 49.92″ O

Notez les petits points blancs dans la rivière, ce sont autant de rapides à franchir. S’ils sont visibles d’un satellite, ça donne une idée que ce doit être tout un défi de passer par là.

Jour 30 – JOURNAL DE BORD – 9 août 2008 – Des cordelles de classe 5!!!

Normalement nous classons les rapides de 1 à 6, où 1 est facile au point où le beau-frère peut le franchir la glacière de bière entre les jambes, et 6 est infranchissable sauf pour les kayakistes téméraires.

Aujourd’hui après avoir passé beaucoup de temps à descendre les rapide en marchant près du canot à la cordelle, en glissant sur les rochers de 2 – 3 – 4 m de haut, à les contourner en lançant la corde au partenaire, en grimpant… Nous avons inventé l’expression cordelle de classe 5.

À un moment il a fallu passer la dernière d’une série de chutes à la cordelle, car il n’y avait ni sentier de portage ni bras de rivière facile. Normalement une corde de 5m suffit amplement pour cordeler, mais avec les rochers c’était drôlement technique et nous avons pris les sacs à cordes de 15m après une mésaventure.

Le courant était hyper fort et la rivière chutait de 2m de chaque bord d’un rocher. L’équipier amont avait la vue complètement obstruée par un rocher de 3m. Il devait enligner le canot, le pousser dans la chute et lâcher la corde (rire). Ce qui ne se fait pas normalement. L’équipier aval devait regarder le canot passer puis le faire tourner immédiatement après la chute (en espérant que la chute ne le remplisse pas). Puis tirer un autre coup sur la corde pour l’arrêter alors qu’il descendait à pleine vitesse.

Le premier canot à passer était celui d’Alexis et moi. J’étais en bas (aval) et Alexis en haut (amont); le canot est arrivé si vite que j’ai eu beau tirer en me penchant en arrière, j’ai été catapulté dans l’eau avec le canot à la dérive. Heureusement le coup a ralenti sa course… et la mienne.

Deuxième essai : le canot de Fran et Steve. Nous sommes quatre cette fois, Fran envoie le canot, Steve me remet la corde (elle était trop courte pour se rendre à la roche où j’étais). Je tire et Alexis me tient par les brettelles de ma veste de flottaison. Le coup est encore terrible mais nous tenons bon. Je reste sur la roche avec Alexis et le canot revient au bord en sécurité. Ouf!

- Nicolas

GPS – Soir 30 – 9 août 2008 -51° 19′ 33.96″ N – 63° 27′ 39.60″51° O

Soir 31 – 10 août 2008 – 17′ 15.00″ N – 63° 22′ 26.76 O

Jour 34 – Journal de bord – 13 août 2008 – Des bas secs!

C’était quand la dernière fois que vous avez senti un plaisir en mettant des bas secs dans vos pieds? Moi, ça fait 10 minutes. Quelle extase! Après une journée où on a fait autant de kilomètres de portage que de canot, au total au gros 3km à travers le bois, à déraper sur le lichen mouillé glissant comme une patinoire, à chercher un sentier où il n’y en a pas, à trouver un moyen de cordeler imaginativement à 6-7 personnes dans des petites chutes parce qu’il y a deux arbres par mètres de tombés dans les vestiges d’un sentier. J’en passe.

Ah, je ne vous avait pas dit qu’il a plu toute la journée et fait dans les 12 à 14° C… Et que le duo Fran et Steve ont cravaté leur canot dans un rare moment d’absence dans le plus facile rapide de la journée. Deux heures en plein milieu de la rivière à chercher une solution.

Maintenant ça va bien, j’ai les pieds secs et je suis couché dans la tente. Le canot de Fran et Steve est amoché mais utilisable. Tant que je peux dormir au sec, la vie est belle… mais quand même un peu intense!

-Nicolas

- Jour 34 – GPS 13 août matin – 51° 6′ 54.72″ N. – 63° 24′ 26.64″ O.

Nicolas Boisclair sur le lac Panchia le 28 Juillet 2008.

© NICOLAS BOISCLAIR

Jour 36 – Journal de bord – 15 août 2008

CATASTROPHE TECHNIQUE POUR L’EXPÉDITION CHERCHER LE COURANT

(Montréal, le samedi 16 août 2008) – Le vendredi 15 août en matinée, l’équipe documentaire de l’Expédition « Chercher le courant » a connu la pire catastrophe technique imaginable: la caméra principale a basculée sur son trépied et est tombée dans la rivière Romaine. Il s’agit d’un modèle Sony HDV acheté spécialement pour ce tournage. L’appareil est resté une seconde sous l’eau, mais c’est bien évidement une seconde de trop. Alexis de Gheldere a aussitôt démonté la caméra pour la faire sécher et tenter de minimiser les dégâts. « Mon coeur a vieilli de dix ans en une seconde! » a confié Alexis de Gheldere. Nicolas Boisclair a filmé la tentative de réanimation avec la caméra secondaire.

Normalement quand les aventuriers filment en canot, la caméra est dans un sac quasi étanche qui la protège efficacement advenant qu’elle tombe dans l’eau, mais avec ce sac il est impossible de la placer sur un trépied. L’équipe était en train de filmer sur le bord de la rivière quand l’incident s’est produit.

Joint rapidement à Montréal par téléphone satellite, le producteur Denis McCready a lancé des procédures de remplacement et de réclamation d’assurances, localisant une caméra HDV équivalente, mais manquant de justesse l’occasion de faire parvenir la nouvelle caméra avec l’équipe de la Fondation Rivières qui avait quitté Montréal ce matin là. Il faudra donc affréter un hydravion seulement pour la caméra. Denis McCready met le tout en perspective : « Nous sommes chanceux dans notre malheur, si c’était arrivé sur la rivière Élévation (anciennement connue sous le nom « rivière sans nom ») là où un hydravion ne peut pas amerrir, ça nous aurait pris presque deux semaines pour la remplacer, perdant pour le film une étape précieuse de l’expédition. »

Au moment de l’envoie de ce communiqué, la caméra sinistrée est toujours aux soins intensifs dans un sac de riz sec, pour absorber l’humidité, et entouré de bouteille d’eau chaude, pour empêcher la condensation.

Une caméra équivalente est en attente pour partir de Montréal lundi matin et pourra être livrée en hydravion dans les 12h à 24h suivantes, mais le coût de l’opération (déductible d’assurance) imposera une dépense costaude à un projet qui est en ce moment presque entièrement auto-financé par les deux aventuriers.

Après 560km de canot sur la rivière Romaine, Nicolas Boisclair, éco-pédagogue, et Alexis de Gheldere, journaliste et réalisateur, ont maintenant parcouru les secteurs des deux futurs barrages d’Hydro-Québec : Romaine 4 et Romaine 3. Au cours des 200 prochains kilomètres, l’expédition de canot et de tournage vidéo continuera de documenter l’écosystème de la rivière Romaine, la 16e plus grande rivière du Québec.

Du 16 au 21 août, l’expédition sera accompagnée d’une nouvelle équipe venue sur place pour protester contre ce projet d’Hydro-Québec: Charles-Antoine Drolet et Christian Simard, respectivement vice-président et directeur général de Nature Québec; Roy Dupuis, président de la Fondation Rivières, et Daniel Green, coprésident de la Société pour vaincre la pollution.

« Comme nous sommes là pour mettre en image les impacts prévus, nous nous sommes attardé à filmer les différences entre les futurs secteur Romaine 3 et Romaine 4. » s’est exprimé Alexis de Gheldere, journaliste, réalisateur et aventurier. Dans le secteur Romaine 4, les aventuriers ont pu constater l’étendu de l’inondation prévue (142km carré) qui transformera une rivière généralement peu profonde en long réservoir et où, pour les besoins hydroélectriques, le niveau d’eau variera de 16m de hauteur entre son maximum et son minimum.

Nicolas Boisclair explique un des impacts : « Dans le secteur Romaine 4, il y a d’innombrables endroits où on voit les traversés d’ours, de castors, d’orignaux et de caribous des bois. Ces animaux vont d’une rive à l’autre via les plages et les section de rivière peu profonde. Pour les animaux qui survivront à l’inondation, c’est toute la routine de déplacement et d’alimentation qui sera bouleversée. Une simple traversée de quelques centaines de mètres aujourd’hui se traduirait par un détour d’une dizaine de kilomètres. »

Plus au sud, dans le secteur du réservoir Romaine 3, selon les besoins hydroélectriques il est prévu que la rivière soit tantôt asséchée, tantôt dans son lit normal, tantôt inondée par des changements radicaux de débit. Nicolas Boisclair précise : « Tout de suite après le barrage Romaine 4, les rapides tumultueux, milieu naturel des poissons d’eau vive comme l’omble de fontaine, seront recouverts sous plusieurs mètres d’eau et le débit variera de 700% du débit de saison en hiver à aussi peu que 15% au printemps. »

Toute aide financière pour aider l’équipe à payer pour cette catastrophe peut être acheminée à l’adresse mentionnée dans la section COMMENT AIDER? Revenez sur le site dans les prochains jours pour connaître la suite de cette mésaventure.

GPS du lieu de catastrophe vendredi 15 août au matin 51° 5′ 35.16″N – 63° 24′ 6.84″ O.

Jour 37 – Journal de bord – Vendredi 16 juillet 2008 – Rapide R6 terrifiant

Le bad trip suprême. Celui qui surpasse tout. Le cauchemar redouté. Pire que les mouches noires et une pluie froide et constante d’une dizaine de jours.

Hier matin, un des plus gros rapide de l’expédition : R6. Je ne savais même pas que ça pouvait exister. Furieux torrent qu’il nous faut portager. Le soleil est radieux. Ses rayons réfléchissent sur les flots éclatant de blancheur. La beauté.

Il faut filmer ce portage.

Comme depuis 36 jours maintenant, je m’installe sur une roche sur la rive. Grande. Stable. J’étend les pattes du trépied. Je prends quelques plans de l’eau qui gicle partout. Plan d’ensemble, gros plan, pan, tilt. Toujours aucun portageurs à l’horizon. Je prends d’autres plans : des rochers énormes, l’eau qui s’y engouffre. La beauté, encore et toujours autour de nous. La magie et le mystère.

Je relève le centre du trépied pour faire une extension de la hauteur de la caméra. Je prend encore quelques rochers. Je regarde si les autres arrivent par le sentier de portage. Personne. Puis, comme en slow motion le trépied et la caméra tombent. Dans l’eau. « Noooooonnnn!!!!!! » Panique totale. Je saute à l’eau et je ramasse tout aussitôt. Tragédie complète. Les sacres y passent un après l’autre. Grand cri. Je capote.

La suite se résume à démonter tout ce qu’on peut, dévisser la lentille, le viseur, et tout ce qu’il est possible pour faire sécher. Attendre. Angoissé. Dans mon cas, pleurer. Tant d’effort. La préparation. L’argent investi. 36 jours de labeur. Le projet de documentaire est à l’eau. En tout cas la caméra. Grande terreur et adversité inimaginable.

Aujourd’hui, il fait encore beau. On a essayé de tout faire sécher encore. Pierres chaude la nuit pour faire évaporer comme on peut. La caméra ne marche toujours pas. On se rabat sur notre caméra backup, mais elle n’est pas HD et nos batteries sont limités et sans chargeurs. Si la caméra HD ne remarche pas, nous essaierons de nous en faire livrer une autre dans les prochains jours par hydravion. À suivre…

- Alexis

GPS – 16 au 19 août

JOUR 41 – Nouvelle caméra livrée en hélicoptère.

Autour de 5h30 du matin mercredi 20 août (jour 41), un hélicoptère de Heli-Excel piloté par le vétéran Jacques Galichon est arrivé au bord de la rivière Romaine pour remettre à l’équipe une caméra HDV de remplacement. Sous la pluie, les grands vents et les regards préoccupés de Alexis de Gheldere et Nicolas Boisclair, la machine s’est finalement posée afin de livrer le précieux cargo.

Depuis mardi matin, l’Expédition Chercher le courant s’est engagé dans un large canyon qui serpente sur la Romaine quelques kilomètres en amont du bassin Muraille, rendant impossible la livraison par hydravion. Depuis l’indicent de vendredi passé où la caméra vidéo principale a été endommagée par une chute dans la rivière, le producteur Denis McCready basé à Montréal a travaillé d’arrache-pied pour organiser la livraison d’une nouvelle caméra. Les disponibilités d’hélicoptères locales, les problèmes de courrier entre Montréal et Havre St-Pierre et la météo ont tous été contre les aventuriers. Après plusieurs tentatives de placer la caméra sur un avion en partance de Sept-Îles, la plus proche ville où des avions passagers assurent le courrier, les étoiles étaient pourtant alignées:

Courrier Montréal – Sept-Îles – départ prévu mardi 6h

Courrier spécial – Sept-Îles au Havre St-Pierre – réservé pour réception à 10h

Hélicoptère pour livraison sur le terrain – réservée pour 18h.

Puis un improbable accident vient presque mettre l’expédition en péril: très tôt mardi matin, le camion assurant la livraison des colis à l’aéroport de Montréal est violemment frappé par un camion, l’empêchant de livrer le chargement en partances pour Sept-Îles. Heureusement, le conducteur n’a pas été blessé.

Mais Denis apprend l’incident, non pas de la compagnie de courrier qui a des centaines de clients, mais du chauffeur en attente à Sept-Îles. On lui confirme au téléphone que le colis n’est pas parti, et ne se rendra à Sept-Îles qu’à 17h30. L’expédition risque maintenant de perdre la dernière journée de tournage avec le contingent de scientifiques et d’environnementalistes qui sont en rafting sur la rivière pour effectuer des expériences scientifiques.

Au cours des 10h qui suivront, Denis doit trouver un nouvel hélicoptère, celui réservé n’ayant aucune disponibilité le matin suivant. Le courrier spécial est forcé de passer sa journée à Sept-Îles, en attente du colis. L’horloge tourne, et les possibilités de livrer la caméra diminuent.

Finalement, après d’infructueux appels à Havre St-Pierre, Sept-Îles et Québec, Denis reçoit un rappel de Jean Goyette de Heli-Excel qui confirme qu’il y a un pilote et un hélico disponible. Il ne reste qu’à coordonner la livraison du colis à Havre St-Pierre.

Ce matin les conditions météo étaient difficiles et l’hélicoptère affrétée était la seule en vol dans la région; heureusement avec plus de 10 000 heures de vols et une connaissance intime du terrain, le pilote a pu localiser l’équipe grâce aux coordonnées GPS envoyées la veille par Alexis et Nicolas.

Avec une pluie exécrable, des vents violents et le froid qui se met de la partie, Alexis a réussi à téléphoner pour faire la chronique à LCN juste avant 9h ce matin, aidé par Nicolas qui se débattait avec une bâche afin de le protéger des intempéries.

L’équipe de Chercher le courant et des Productions du Rapide Blanc veulent remercier tout le monde qui a coopéré avec eux pour rendre possible cette livraison. Le soutien moral, les mots d’encouragement et les dons ont été accueillis avec beaucoup de d’émotion et de gratitude par Nicolas et Alexis. En leur nom: Un gros gros merci!

L’Expédition Chercher le courant continue jusqu’à la semaine prochaine, d’ici là un montage des meilleures images vidéo sera bientôt mis en ligne sur ce site.

Jour 42 – Journal de Bord 21 août 2008 – J’ai les blues…

Le groupe de Fondation Rivières, la Société pour Vaincre la Pollution, Sierra Club et Nature Québec viennent de partir. J’ai les blues…

Hier debout jusqu’aux petites heures du matin avec le groupe… ce soir 20h40 et déjà au lit. Il reste 6 jours et 82km, dont 20km demain. Nous savons maintenant que le bassin des Murailles n’a pas de murailles, elles sont juste en haut sur la rivière. Nous savons que nous pourrons probablement dormir en auberge de jeunesse à l’arrivée dans l’estuaire du Fleuve St-Laurent.

Je commence à avoir bien hâte de garder mes gales au sec (j’en ai des nouvelles) pour les soigner et passer du bon temps avec mes bons amis.

Le genou droit en compote (le ligament) tient bon. Hier, j’ai portagé avec mon casque et ma veste de flottaison. Je me suis frappé le poignet, le bracelet de montre est brisé mais mon poignet est sauf.

La cheville gauche m’élance; il faut dire qu’hier nous avons probablement fait les deux plus dangereux portages de la Romaine. Des pentes à 45°, glissantes sur la boue, rochers, précipices. Il nous a fallu installer des cordes fixes pour se hisser d’une pente à l’autre, et même faire une tyrolienne pour descendre l’équipement. Comme nous suivions le groupe de Fondation Rivières, la Société pour Vaincre la Pollution, Sierra Club et Nature Québec qui étaient en raft, nous les avons aidé. Premier portage (250m selon la carte) 3h30 de labeur, deuxième portage (350m) 5h hier pour le matériel, plus 3h aujourd’hui pour les rafts. Une chance que les rafteurs nous avaient pour leur faire une navette en canot jusqu’au camping sur l’autre rive après la chute.

En effet, Alexis et moi étions séparés du groupe d’Alliance Romaine (ils sont maintenant 9) car le ?? sur la rivière et la grandeur du camping ne nous convenait pas pour passer 72h.

Ce soir nous sommes à nouveau entre canoteurs… et j’ai les blues. C’est la fin de l’expédition qui pèse.

-Nicolas

GPS – 20-21 août 2008

Jour 44 – Journal de bord – 23 août 2008 – Réflexion sur l’énergie solaire

Cet automne nous chercherons du financement pour aller tourner en Europe, entre autre, pour compléter le documentaire par une comparaison de forme d’énergie verte avec l’hydroélectricité. L’énergie solaire, fort peu utilisée au Québec, est dans la mire.

ÉNERGIE SOLAIRE THERMIQUE

Alexis m’a souvent dis en sueur pendant l’expédition : « Nic, il doit faire au moins 25° ou 27 ° C actuellement. » Il enlevait alors ses vêtements pour se mettre en maillot de bain. Il ne suffisait que du passage d’un nuage pour qu’il frissonne et remette son chandail et son pantalon. En réalité il ne faisait que 17°, 19°, voire 21°C.

Le rayonnement solaire donne l’impression qu’il fait chaud car la peau et les objets captent cette chaleur. Dans le gros soleil de midi, chaque mètre carré de surface capte l’équivalent d’une plinthe électrique de 4 pieds, soit 1000W en une heure (soit 1kWh). Évidemment dans la maison en hiver, les fenêtres bien enlignées vers le sud, sud-est, sud-ouest et bien isolées (telles les fenêtres homologuées Energy Star) permettent de chauffer les pièces à l’énergie solaire mais aussi de limiter les pertes de chaleur la nuit.

LA FRANCE

La France a décidé, suite à une grande rencontre (la Grenelle de l’Environnement) de se lancer dans l’énergie solaire thermique. En effet, d’ici 2020 le gouvernement va progressivement faire installer 4 millions de panneaux solaire thermiques sur les maisons pour le chauffage de l’eau. Il s’agit d’une maison sur cinq!

Évidemment c’est certain que nous voulons aller voir cet automne comment la France prévoit installer autant de panneaux solaires alors que ce n’est pas un pays tropical.

-Nicolas

GPS – 50° 23′ 13.92″ N – 63° 15′ 11.52″ O.

JOUR 46 – 25 août 2008 – L’Expédition Chercher le courant est terminée. Le documentaire du même nom continue…

Ça y est! Après 46 jours de rivières tantôt tumultueuses, tantôt calmes, de rapides parfois sympathiques et parfois vertigineux, de portages de quelques mètres aux portages de quelques kilomètres, de pluies diluviennes, de soleil plombant, d’arcs-en-ciel quasi quotidiens, de moustiques voraces et d’ours timides, Nicolas Boisclair et Alexis de Gheldere (Expédition Chercher le courant) épaulés par Fran Bristow et Steve Leckman (Alliance Romaine) ont finalement complété une odyssée de plus de 700km qui a pris son départ au Labrador et s’est terminée à l’embouchure du fleuve St-Laurent.

Ils sont sains et saufs, épuisés mais heureux d’avoir osé relever un défi sans précédent: atteindre la rivière Romaine en arrivant par le Labrador, en remontant une rivière sans nom (que l’on espère baptiser rivière Élévation) et en descendre son mince filet, puis son ruisseau, pour enfin naviguer plein sud ses eaux puissantes à travers un paysage majestueux.

Le trajet le plus difficile physiquement est maintenant accompli, mais le voyage n’est pas terminé. Dans les prochains jours, Nicolas et Alexis vont faire leur chemin jusqu’à Montréal pour préparer le financement et la production du documentaire « Chercher le courant ».

Ce site va donc continuer d’exister, va évoluer et deviendra le site officiel du documentaire CHERCHER LE COURANT des Productions du Rapide Blanc. Revenez dans les prochains jours pour voir plus de photos, plus de vidéo, plus d’articles sur la rivière Romaine et l’hydroélectricité et pour participer à un débat sur l’avenir de l’énergie au Québec.

Afin de leur rendre hommage, je me permet de partager avec vous un texte que j’ai écrit en 1997, bien avant de rencontrer ces deux aventuriers:

LES RIVIÈRES

Elles sont l’intermédiaire entre la montagne et la mer.

Elles sont tes cheveux sur tes épaules, nues ou habillées.

Elles sont les flammes qui mènent à l’enfer

Elles sont les affluents de la vérité

Entre regards et paroles, naviguant dans la tempête

Elles transportent les arbres morts et la clameur de la fête.

De diamants

D’eaux

De musique

Et de ces rêves inexprimés

Elles transmettent les messages du passé et les espoir du futur.

Sans juger ni réduire

Sans tambours ni trompettes

Elles ont le calme désiré,

La force tranquille et

L’espace d’un instant elles parlent à notre âme.

Naviguer

Aimer

Dans le naufrage ou la haine

Elles écoutent nos complaintes et rendent futiles nos révoltes.

L’arbre regarde

Le chevreuil s’abreuve

Et mon silence l’habite.

Sans efforts

Sans cris

Avec candeur et bravoure

Les rivières nous rappellent qu’hier et demain sont loin.

Aujourd’hui

Autour de nos chevilles

Froides et envahissantes

Les rivières nous disent:

TU ES VIVANT

-Denis McCready, producteur

JOUR 46 – FIN DE L’EXPÉDITION

LES AVENTURIERS DE LA ROMAINE FRAÎCHEMENT SORTIS DU BOIS

(Montréal, mardi 2 septembre 2008) – Le 25 août dernier, avec deux jours d’avance sur l’horaire prévu, les aventuriers Nicolas Boisclair et Alexis de Gheldere ont pagayé le dernier rapide de la rivière Romaine pour aboutir dans l’archipel des Îles Mingan et le fleuve St-Laurent, soit 46 jours et 712 km (dont 212 km à contre-courant) après leur mise à l’eau au Labrador.

De retour à Montréal le 29 août, après quelques jours passés à Havre St-Pierre, l’éco-pédagogue Nicolas Boisclair résume son état d’esprit : « Après tout ce qu’on a vécu de si intense, je pense qu’on va être en décalage pour quelques jours. Mais il nous reste encore beaucoup de travail en aval. » Alexis de Gheldere renchérit : « L’expédition n’est qu’une étape (mais quelle étape!) dans le processus qui nous mènera jusqu’au long-métrage prêt à être livré l’an prochain. »

L’expédition est terminée mais pas l’aventure… Désormais il leur faut trouver un diffuseur télé et faire des demandes de financement pour repartir en tournage afin de documenter les meilleurs exemples d’énergies vertes autour du monde. Ils les compareront avec l’hydroélectricité et le projet de la Romaine, impact par impact, dollar par dollar, kWh par kWh, emploi par emploi.

Les deux aventuriers documentaristes partiront cet automne voir ce qui se fait ailleurs pour évaluer si cela peut s’importer ou non au Québec. Ils iront à la découverte des meilleurs exemples mondiaux de géothermie, d’éolien, de solaire thermique et photovoltaïque, d’efficacité énergétique, d’autoproduction, de biomasse et d’autres énergies vertes.

Le documentaire, produit par Denis McCready des Productions du Rapide-Blanc, veut questionner la manière de produire de l’électricité au Québec. La sortie du film est prévue pour le printemps 2009. D’ici là, l’équipe de « Chercher le courant » donnera des conférences pour financer leur projet; elle commencera aussi le montage du film et continuera d’actualiser le site web avec des capsules vidéo et des textes. Revivez l’expédition et suivez la production du film en consultant le site www.chercherlecourant.org.

Productions du Rapide Blanc est une compagnie de production indépendante reconnue pour ses documentaires d’auteurs porteurs de sens qui engendrent un questionnement et possèdent le potentiel de provoquer des changements dans la société. L’Expédition « Chercher le courant » a été commanditée par les canots Esquif, la Fondation Rivières, le magasin La Cordée, la Fédération Québécoise du Canot et du Kayak et les Cafés Rico.

Carte de l’embouchure de la Romaine

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Agrandir le plan

18 réponses à “SUIVRE L’EXPÉ”

1 07 2008
Jean Delville (18:20:56) :

A+

8 07 2008
Anaïs (23:42:09) :

Ouais les hommes! Bon courage!

9 07 2008
Ray le pilote (14:12:03) :

Allo Alexis.

Je suis le pilote militaire que tu as rencontré à la boutique De Fil en Montagne avant ton départ. Je vous souhaite bon courage. Le Chef Seattle serait fier de vous et souvenez-vous de Sir Ernest Shackleton si l’ écoeurentite se fait sentir!

Bonne chance et que les grands manitous vous protêgent!

12 07 2008
benoit (08:41:45) :

salut a vous deux je vous souhaite bonne chance courage et détemination et bravo pour ce que vous faite. et je vais suivre votre expédition régulierement jean pierre de gatneau

13 07 2008
Catherine (12:48:10) :

Quel triste retour à Montréal sans vos voix et vos rires dans la petite Golf. Tout s’est bien passé, pas de pépins de roue, la réparation sur la remorque de Larry de Churchill Falls a tenu le coup à merveille.
Votre équipe est de grand coeur et j’ai confiance en votre réussite. Je suis avec vous.
Cath xxxx

13 07 2008
Jean Delville (Kou-Wit) (15:35:43) :

Excellent. Ainsi, nous pouvons bien vous situer depuis la France où j’habite.
En se promenant sur Google, nous voyons le chemin parcouru et les difficultés rencontrées ou à venir. Quelle merveilleuse région.
Génial la position donnée par GPS. Vous avez donc campé au bord de « ATIKONAK » Lake.
Bonne rivière les « Bateliers de la Romaine ».
A+

13 07 2008
Kat (18:24:40) :

Super le site web !
Je vais vous suivre…
Bonne route ;-)
Kat

16 07 2008
Louise (12:48:16) :

Nicolas et Alexis,

Bravo pour le courageux voyage que vous avez entrepris.

Vous êtes de la trempe des grands explorateurs avec, pour notre plus grand bonheur, des moyens de communication modernes . C’est avec le plus grand intérêt que je suivrai l’expédition. Merci de nous la faire partager.

Bonne route!!!……. enfin…..c’est une façon de parler!!!!!

Louise

16 07 2008
Jean Delville (Kou-Wit) (17:53:58) :

Nous apprécions grandement vos mises à jour et l’indication précise de vos campements par la croix rouge.
En nous promenant sur Google, c’est génial de pouvoir suivre tout votre parcours depuis le départ et de mesurer votre effort quotidien.
Fabuleuse expédition.
Bravo les bateliers de la Romaine. Vivement vos films, photos et reportages.
A+

18 07 2008
Louise Boisclair (00:19:49) :

Allo Nicolas et Alexis,

Pendant que vous pagayez, pôlez et cordelez, on déambule dans votre site bien illustré grâce à toutes ces insertions médiatiques.

Cette rencontre avec William et Chris, quel beau moment!
Il y en aura d’autres, différentes mais tout aussi inoubliables.

La nature est avec vous. À+

Tante Louise

19 07 2008
Richard Tremblay (13:56:46) :

Les gars vous êtes tout simplement super, et je vous appui de tout coeur dans votre d.marche exceptionnel

à bientôt

Richard Tremblay, St-Jean-sur-Richelieu

21 07 2008
Emmy Hendrickx (09:30:40) :

Hi guys,
Back from another camp, quickly read all your updates and your video with the amount of black flies you have. Wow that is quite annoying. I enjoy the updates and see how you all are doing. Let us know if there is anything else you want us to bring.
One more week before I leave direction Quebec and meet with you all.
Looking forward to it
See you
Emmy Hendrickx, Aurora, ON

21 07 2008
Anatole Pilon (11:05:23) :

Bienvenue dans le nord !!!

Lâchez pas !

Anatole Pilon, Fermont, QC

21 07 2008
marc serre (17:30:24) :

Bzzzz Bzzzz
Les mouches noires vous saluent.

1 08 2008
Louise Boisclair (07:03:18) :

Salut pagayeurs!

Vous serez bientôt à la moitié de votre expédition. Déjà vous avez emmagasiné des paysages tantôt lunaires, tantôt sauvages, grandioses ou, comme vous dîtes, magiques. Ce voyage où tout est mesuré par l’effort et béni de la grâce, loin de la ville, avec des moyens inimaginables au siècle dernier, ce voyage au loin et sans doute en vous-mêmes…
J’apprécie beaucoup vos témoignages, que vous parliez de labeur, de difficultés contournées ou de contemplation. Bonne continuation.

Tante Louise

16 08 2008
marie-france (01:02:50) :

salut vous deux!

je viens de passer un bon moment sur le blogue-wow, c’est une vraie chance de pouvoir découvrir à travers vos yeux un coin si peu exploré de chez nous, qui nous fait rêver de grande nature profonde.

Et tout le projet qui est fait aussi dans une perspective de recherche et d’action; en tant que société, il est urgent de déterminer nos valeurs par rapport à nos richesses naturelles et aux questions d’énergie, et votre expérience nous reconnecte en quelque sorte avec la notion de bien collectif, avec cette rivière sauvage et précieuse… on dit qu’il est jamais trop tard…il semblerait que les américains défont leur barrage eux ces temps-ci. j’ai trouvé un article intéressant là-dessus-des ordres de la cour fédérale qui exigent la destruction d’un barrage vieux de 160 ans pour permettre la migration de plusieurs espèces de poissons importants. Reste que l’habitat naturel a été endommagé, veut-on se rendre jusque là?

The Environmental MAGAZINE
http://findarticles.com/p/articles/mi_m1594/is_n2_v9/ai_20492809

bon courage à vous pour l’expédition, et bon courage à nous pour la lutte à la protection de nos biens naturels!
marie-france

18 08 2008
marc desmeules (18:25:27) :

Magnifique!!!!

J’aimerais être avec vous… mais vous etes la et vous voyez pour moi ces magnifiques paysages…
Je rame avec vous. BRAVO pour le projet que j’appuie de tout mon coeur.
Marc.

2 12 2010
Tante Louise (06:45:18) :

Salut Nicolas et Alexis,

Un mot : BRAVO.

Votre film comme votre expédition : une réussite!
Vous avez trouvé le courant

Heureuse d’avoir été dans la salle lors de l’ovation le soir de la première mondiale aux RIDM à la BANQ!

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