Mot des réalisateurs

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Nicolas Boisclair

Faire un film qui met en perspective le développement énergétique du Québec à travers une expédition de canot. Original ? En fait… oui et non. C’était pour moi totalement naturel. C’est la meilleure manière de se rapprocher du territoire pour le filmer. En traversant l’écosystème lentement, à la vitesse de la pagaie et des pas, on peut prendre davantage conscience du territoire. Avec ce film, on a voulu asseoir les spectateurs à nos côtés dans le canot. Dans un écosystème sauvage et quasi intouché. Comme il y en a de moins en moins… à cause de notre mode de vie mais aussi du fait qu’au Québec nous ne voyons que l’hydroélectricité pour subvenir à nos besoins. Une énergie développée à fond depuis la grandiose nationalisation de l’électricité de 1962. Mais Chercher le courant n’est pas qu’un film qui remet en question la manière de faire de la société d’état Hydro-Québec. Il questionne en soi la manière de produire de l’énergie au Québec. Tout le monde est concerné : le maire de village, le premier ministre, les citoyens, les fonctionnaires, les scientifiques, les ingénieurs, les gens d’affaires, les jeunes comme les vieux. Si on veut développer le Québec, créer des emplois structurants pour chaque région et bâtir une société qui s’appuie sur les forces de son passé sans y rester coincer, il faut considérer les pistes humblement émises dans ce film. J’espère vraiment qu’elles alimenteront les réflexions de tous et chacun.

Alexis de Gheldere

Ce projet m’a tout de suite charmé parce qu’il allie mes grandes passions: l’aventure, la nature, la réflexion et le cinéma. Nous sommes partis comme je n’étais jamais parti: 712 km en canot dont le quart à contre-courant, 46 jours sur les chemins d’eau au milieu des ours et de la taïga. Mais l’aventure n’était pas confinée qu’au fin fond du bois. Au sortir de la rivière Romaine, nous nous sommes lancés dans une expédition à la découverte des énergies renouvelables: biomasse, biogaz, géothermie, solaire, éolien, efficacité énergétique. Plus on cherchait, plus on trouvait des clés de réflexion troublantes: d’autres sources d’énergies existent, leur technologie est mature et certaines sont plus rentables que l’hydroélectricité de la Romaine. Pourtant elles sont laissées dans l’ombre… Pourquoi? Graduellement, on s’est aperçu, Nicolas et moi, qu’il y avait une urgence de communiquer ce qu’on voyait. Après avoir cherché le courant de la rivière et le courant des énergies renouvelables, on s’est rendu compte qu’il y avait un troisième niveau au titre de notre film: chercher à mettre les gens au courant, partager les connaissances rencontrées au long de nos recherches.

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